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Vivre l’instant présent avec les malades Alzheimer

Metteur en scène, Colette Roumanoff dirige depuis vingt-six ans une compagnie de théâtre. En 2005, son mari Daniel est diagnostiqué Alzheimer. Elle l’accompagnera avec créativité et amour jusqu’en 2015 : « Dans ma vie
quotidienne, je suis branchée sur Daniel en permanence. Nous vivons une sorte d’amour fusionnel, imposé par la maladie. Qui n’a pas rêvé de vivre un amour fusionnel authentique ? Moi j’en ai rêvé, je plaide coupable », écrit-elle.
En 2009, elle partage son expérience à travers un site Internet, et en 2010 elle a lancé des ateliers théâtre pour les soignants et aidants Alzheimer.


Nous vivons dans une société qui change à toute vitesse sous nos yeux, mais on considère que rien ne doit changer dans nos vies.  L’humanité est pourtant installée sur une boule de feu à peine refroidie, qui tourne sans arrêt sur elle-même et autour du soleil ! Swami Prajnanpad insistait sur cette idée : si on comprend ce qu’est le changement, on comprend beaucoup de choses sur soi. Les gens qui sont attachés à une fixité quelconque ont beaucoup de mal avec la maladie d’Alzheimer, car elle nous projette dans un changement radical et définitif. L’état du malade change sans arrêt. Les familles attendent et espèrent retrouver leur mari, leur femme, leur mère ou leur père comme ils étaient avant. Mais cela n’arrivera jamais. La maladie suit son cours, elle ne fera pas machine arrière.
Je ne pouvais pas changer la maladie de Daniel mais je pouvais changer mon humeur. Me détendre, respirer, m’ouvrir au bonheur d’être là, de vivre une nouvelle journée, une journée nouvelle et gaie en sa compagnie.