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« Un chrétien, s’il n’est pas révolutionnaire, n’est pas un chrétien »
Entretien avec Falk van Gaver

Quand je dis que les chrétiens sont révolutionnaires, je fais écho à la phrase du pape François : « Aujourd’hui, un chrétien, s’il n’est pas révolutionnaire, n’est pas chrétien ! » Ce dernier n’a pas en tête la révolution armée mais une révolution au sens d’un changement complet du système de valeurs dominant de nos sociétés. Ce fut déjà le cas à l’époque de Jésus, qui a été crucifié, mis à mort comme un révolutionnaire à la fois religieux et politique. Souvenez-vous de cette inscription ironique figurant sur la croix : « Jésus de Nazareth, roi des juifs ». Jésus a été perçu dès le début comme un révolutionnaire, et prendre au sérieux son message, son enseignement, sa vie, doit changer radicalement notre vie, révolutionner nos vies individuelles ainsi que l’ensemble de la vie sociale et des rapports sociaux.

Après avoir interrogé la relation des chrétiens à l’écologie, l’essayiste Falk van Gaver s’intéresse, dans un nouvel ouvrage, aux rapports entre christianisme et capitalisme. À l’instar du théologien de la libération Jon Sobrino, il souligne que la traduction concrète de la « civilisation de l’amour » dans sa dimension socioéconomique « ne peut être autre chose que la civilisation de la pauvreté ». L’austérité, la sobriété, la simplicité et la pauvreté sont des valeurs traditionnelles et chrétiennes insiste l’auteur qui nous appelle à « rompre spirituellement, mentalement et concrètement avec le modèle dominant qui est celui de la consommation et de la consumation du monde, de l’avidité ».