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Oraison au cœur de la vie sauvage
Entretien avec Sœur Catherine, ermite


En m’intéressant à la vie érémitique, je me suis aperçue qu’il était dangereux de s’y engager directement, sans formation. Dans le passé, l’Église estimait que pour ne pas s’égarer dans la vie de solitude, pour ne pas tomber dans toutes sortes d’illusions, il fallait une grande expérience de la vie communautaire, ce qui est sagesse. Mais depuis Vatican II il est possible de devenir ermite diocésain sans passer par une forme de vie religieuse. L’Église s’est ouverte et prend en compte l’expérience acquise par les femmes dans l’exercice de responsabilités. Et je savais bien que pour assumer ma vie d’ermite, l’oraison ne suffisait pas. Il fallait que je sois bien établie dans toutes les autres activités spirituelles, comme l’Office divin. J’ai donc suivi un temps de formation dans un monastère en région parisienne. Pendant deux ans, j’ai vécu la vie monastique, mais pas pour devenir moniale. Je ne me suis pas engagée dans cette communauté et suis partie à la recherche d’un ermitage.

Après avoir quitté le monastère, vous avez trouvé votre ermitage…

Pas tout de suite. On m’avait parlé d’une petite communauté de sœurs menant une vie semi-érémitique. C’était une bonne transition. Après huit mois, j’ai senti que je pouvais passer à plus de solitude. J’ai donc cherché un lieu, ce qui n’était pas chose facile. Je suis entrée dans mon ermitage en 1995, le mercredi des Cendres. Cet ermitage, sur une crête rocheuse orientée au sud, n’est accessible qu’à pied, il est loin de tout, à une heure et demie à deux heures de marche…

 

Sœur Catherine mène depuis plus de vingt ans une vie de solitude dans un ermitage de montagne éloigné de tout, au sein d’une nature rude et sauvage. La réponse à un appel de Dieu, qui se traduisit par une conversion « directe et immédiate ». Elle s’exprime ici sur cette vocation et sur les conditions d’une vie donnée à l’oraison continuelle et aux activités spirituelles.