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De la toxicomanie à la chevalerie
par  Jean-Louis Este

Même si la plupart des Européens pensent que la société occidentale est la plus avancée et la plus évoluée, pour moi il s’agit certainement d’une société « perdue » et en manque de repères. Car, en se focalisant sur la technologie, les progrès qui amènent le confort, etc., l’homme moderne a perdu ce qui le relie à la nature, aux autres, à la spiritualité.
Je pense que si j’ai basculé dans la toxicomanie durant l’adolescence, c’est en grande partie à cause de cela. Certes, mes parents ont fait tout leur possible pour me fournir un cadre et une hygiène de vie idéale. Enfants, nous ne manquions de rien. Mais comment se construire lorsqu’on ne peut pas s’identifier à des modèles ? Lorsque la société de consommation qui nous entoure et nous harcèle prône l’individualisme et le consumérisme ? On peut certes passer sa vie à rêver sur un canapé, comme je le faisais en ces temps-là, mais est-ce qu’on aura la force et le courage, un jour, de se lever de cette position si sécurisante bien qu’illusoire et d’œuvrer pour réaliser ses rêves ?
Après avoir cherché un certain exotisme, une certaine spiritualité ailleurs, dans d’autres cultures, car je ne parvenais à « rentrer dans le moule » et m’identifier à ce que je voyais autour de moi, j’ai bien dû me rendre à l’évidence que ma vie devenait un enfer. Non seulement pour moi, mais également pour les personnes qui m’entouraient…
J’ai alors effectué une prise de conscience et un travail sur moi-même durant mon « parcours initiatique ».


Ancien pensionnaire des foyers Rives du Rhône, Jean-Louis a ensuite rejoint une communauté d’anciens des foyers durant trois ans, durant lesquels il a suivi un apprentissage de boulanger-pâtissier et pratiqué les arts martiaux. En 2015, il quitte définitivement le monde de la boulangerie pour reprendre des études d’enseignant en école primaire.