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Kyosaku, le « bâton d’éveil »
par Pierre Philippon Butsu’un

Le kyosaku est un bâton de bois, plat, utilisé dans la pratique de zazen. Administré à celui qui en fait la demande, il est utilisé afin de revitaliser le corps du méditant. Un geste qui permet de combattre la somnolence et l’agitation mentale, ou de redonner au corps toute sa vitalité en calmant tensions et douleurs physiques. Afin, comme l’explique Pierre Philippon, enseignant de l’école zen Sanbô Kyôdan, que le méditant puisse demeurer « juste assis, dans le silence et la sérénité ».

... Mais il ne faut cependant pas prendre le « bâton d’éveil » comme un objet miraculeux, aux super-pouvoirs, comme en ont les « super-héros » d’aujourd'hui ! Quand un pratiquant du zen somnole, le kyosaku l’aide à se réveiller au moins pour un moment, quand l’esprit s’agite il contribue à retrouver un certain calme, quand il y a des douleurs physiques il arrive que cela les soulage. Mais, malgré la représentation que l’on peut en avoir, le kyosaku ne provoque pas kensho, le « bâton d’éveil » ne provoque pas « mécaniquement » l’éveil, comme un interrupteur provoque l’éclairage d’une lampe. Mais il n’est pourtant pas impossible, à l’instar de Kyogen qui s’est éveillé soudainement en entendant un gravier projeté par son balai de fagot contre un bambou, que le « clac » du kyosaku qui claque dans le zendo, déchire le voile qui voile le réel chez celui qui le reçoit ou chez un voisin de zazen. « Clac ! », simplement « clac ! » – tout est clair, aucune représentation, aucun concept ! « Clac ! », juste « clac ! », rien d’autre que « clac ! »