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La joie d'un regard neuf
entretien avec Joshin Bachoux Sensei

Joshin Bachoux Sensei est entrée dans la voie du zen il y a une trentaine d'années. Au terme d’un long séjour au Japon, elle a reçu l'ordination monastique de maître Moriyama, qui lui demanda de retourner en France pour y enseigner le dharma.
Elle a fondé La Demeure sans Limites, un temple zen en Ardèche.

Vous écrivez de la poésie. Cela contribue-t-il à ce que vous gardiez ce regard neuf sur le monde ?

Oui, la poésie, c’est tomber en arrêt devant quelque chose et s’en émerveiller. Il y a une conjonction, une rencontre, entre vous et ce que vous regardez... Un troisième phénomène apparaît. Pour moi, ce troisième élément donne parfois naissance à un poème. Se laisser éblouir, étonner, enchanter, ravir par la beauté de la nature, le sourire d’une personne, l’éclat d’un vitrail... rend la vie plus joyeuse. À chaque fois que l’ on s’ennuie, c’est que l’on n’est pas réveillé. La joie (mudita) fait partie du chemin spirituel. Dans le bouddhisme, elle est l’une des quatre brahma vihara – les Quatre Illimités. Il ne faut pas confondre la joie avec l’enthousiasme. On voit des gens qui viennent dans un monastère avec un grand enthousiasme et, ensuite, ne reviennent jamais. L’enthousiasme n’est pas une véritable nourriture spirituelle, contrairement à la joie.