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Vivre son engagement chrétien par l’action
Entretien avec Simon Besnard
par Nathalie Calmé

Simon Besnard est président du Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) depuis 2013. Parallèlement à ses études d'agriculture, puis d'animation et développement des territoires ruraux, il s'est engagé dès l'âge de seize ans au Conseil régional des jeunes des Pays de Loire et au MRJC départemental. Géré et animé par des jeunes depuis plus de
quatre-vingt-cinq ans, le MRJC est un mouvement éducatif et d’action de transformation sociale qui agit prioritairement sur l'agriculture, l'emploi et l'éducation.

Pourquoi est-il si important que les jeunes s’engagent ?

L’engagement permet une émancipation, une prise de conscience que la vie en société ne passe pas seulement par des relations amicales. Nous vivons dans un monde qui nous pousse à nous individualiser, et l’engagement apporte du collectif. Il permet aussi de poser un regard critique, une analyse sur ce qui se passe et, en même temps, de renforcer notre capacité d’action. Je pense que chaque citoyen, qu’il soit jeune ou moins jeune, est porteur d’une responsabilité à la place qu’il accepte de prendre dans la société. Au MRJC, nous prenons en considération la notion de parcours dans l’engagement. Lorsqu’un jeune s’engage, on ne peut pas demander la lune. Il faut prendre en compte d’où il vient. Il y a des étapes, des marches à franchir les unes après des autres. Par ailleurs, je pense qu’il est important que les associations ou les institutions donnent envie aux jeunes de s’engager. Je connais peu de jeunes qui, à treize ans, diront : « Tiens, je vais m’engager samedi car j’ai du temps de libre. » Beaucoup ont besoin qu’on viennent les chercher, les accompagner, les sécuriser. C’est pourquoi nous fonctionnons avec le système d’interpellation. Ce fonctionnement permet d’oser, de se sentir soutenu et entouré, de vivre l’engagement pour le projet et le collectif. Cette approche est très positive car elle est valorisante et encourageante.