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Je danse aussi pour l’âme
Entretien avec
Carolyn Carlson

... Un jour, mon ami l’éclairagiste John Davis m’a donné un précieux conseil : « Pour vraiment comprendre ce que tu veux donner aux autres en tant qu’interprète ou chorégraphe, écris-le et dessine tes visions. » Je l’ai écouté. Avant de me lancer dans une chorégraphie, je fais des esquisses et j’écris à côté une poésie. C’est pourquoi je préfère l’expression « poésie visuelle » à celle de « chorégraphie » pour définir mon travail artistique. Pour moi, la danse s’exprime au-delà du corps : dans l’esprit, le cœur, la conscience. Je ne danse pas seulement pour les yeux, je danse aussi pour l’âme. La poésie crée un autre espace, différent de celui que nous habitons habituellement. Cet espace poétique apporte de la lumière. C’est très intéressant pour les danseurs de la Compagnie, car lorsqu’ils improvisent à partir du poème, ils sont dans un au-delà de la danse. Le philosophe Gaston Bachelard le dit très bien : « En une image poétique l’âme dit sa présence. »...

Née en Californie, Carolyn Carlson est à la fois danseuse, chorégraphe et pédagogue, mais aussi poète et calligraphe. Une carrière commencée au sein de la compagnie d’Alwin Nikolais, qui fut son maître de danse. De New York à Paris, d’Helsinki à Venise, en passant par Roubaix, c’est une infatigable voyageuse toujours désireuse de faire partager son univers poétique. Sa danse est inspirée par la spiritualité, la philosophie et la psychologie. Son répertoire compte plus d’une centaine de chorégraphies, dont un grand nombre constituent des pages majeures de l’histoire de la danse, comme Density 21.5, The Year of the Horse, Blue Lady, Steppe, Maa, Signes, Writings on Water, Inanna… En 2006, son œuvre a été couronnée par le premier Lion d’or jamais attribué à un chorégraphe par la Biennale de Venise.